Alors : Soldes ou pas soldes ?

Telle est la question...Pour y répondre, j’ai longuement cherché sur la toile les traces d’une quelconque réflexion sur ce thème. Des idées, des remarques, des pistes qui m’auraient aidée à positionner Naitika dans ce tourbillon frénétique que sont les soldes.

Malheureusement, j’en suis revenue bredouille. Il a donc bien fallu que je retrousse mes manches et que je me penche sérieusement sur la question, avec mes idées, mon éthique, et mon ressenti d’être humain…

D’abord, les soldes, qu’est-ce c’est ?

Pour le commerçant :

illustration soldes vues par le vendeur

D’un point de vue légal, les soldes sont un événement durant lequel un commerçant peut vendre ses produits à perte (chose interdite en temps normal). Mais à quoi cela peut-il servir ? Et bien tout simplement à écouler des produits qui ne se vendent pas bien et ainsi récupérer l’argent qui dort pour passer à autre chose.

Mais le plus souvent, il s’agit d’écouler une ancienne collection, au profit d’une nouvelle.

Pour le client :

illustration soldes vues par l'acheteur

C’est l’événement tant attendu durant lequel nous pouvons enfin nous offrir un article jusqu’à présent trop cher pour notre bourse. L’occasion également de faire des bonnes affaires souvent imprévues et pas vraiment planifiées.

La slow fashion, qu’est-ce que c’est ?

Pour le fabricant et le commerçant :

illustration choix matériaux slow fashion

Le principe fondateur : prendre le temps:

  • prendre le temps de produire les matières premières de qualité
  • prendre le temps de confectionner les produits en quantités raisonnables
  • proposer des produits qui ne se démodent pas, utiles et conçus pour durer.

Pour le client:

illustration principes acheteur slow fashion

Le produit est choisi de manière réfléchie. Son utilité est avérée. On le choisit pour qu’il traverse les saisons, les modes, le temps en somme…Il est entretenu, réparé si nécessaire et quand on ne souhaite plus le porter, on le donne, on le recycle…

Bref, on est aux antipodes de la mode jetable, rythmée par des collections qui se renouvellent deux fois par an, faites pour être portées sur un laps de temps si court qu’avant même leur première bouloche, elles ne sont déjà plus à la mode…

Bon alors finalement, soldes ou pas soldes ?

illustration réflexion soldes vs slow fashion

L’essence même du concept de mode éthique résulte d’une volonté de ne plus encourager les pratiques néfastes pour l’environnement d’une part, et pour les travailleurs d’autre part : produire à un rythme effréné (inhumain) des stocks astronomiques qui, une fois portés puis jetés, constitueront une montagne de déchets.

Soldes et slow fashion ne sont tout simplement pas compatibles. Il va de soit que si une boutique comme Naitika existe, c’est justement pour offrir une alternative à la mode jetable.

Des promotions, il y en a eu. Et il y en aura encore, avec à chaque fois la volonté de donner un coup de pouce dans des moments de vie importants: s'équiper pour la rentrée scolaire, offrir un cadeau pour les fêtes, etc. Le but étant de trouver un équilibre entre la préservation de la valeur des choses, et le désir de promouvoir la mode éthique. Chaque événement promotionnel est l'occasion pour nous de rendre tel ou tel produit un peu plus accessible, sans pour autant en dénaturer la valeur, bien loin de la folie dégressive des soldes.

Il n’y aura donc pas de prix cassés, pas d’offres surréalistes à grands coups de pourcentages pour affoler les visiteurs et écouler un stock d'invendus. 

Chaque vêtement, chaque chaussure ou sac a nécessité du temps, du travail, de l’énergie, des matériaux. C’est ce qui en fait sa valeur. Et cette valeur ne sera pas oubliée au grand bal du déstockage massif que sont les soldes…

Nous croyons en cette valeur des choses. Et pour nous, l’enjeu est que chaque objet trouve sa place et son utilité, pas qu’il s’écoule à tout prix, pour échouer dans un placard déjà trop rempli.

Voilà donc le fruit de cette réflexion, difficile mais éclairante. Il y a certes ce sentiment de nager à contre courant et le risque probable d'en décevoir plus d'un, mais il y a surtout cette satisfaction de n'avoir pas cédé aux pressions sociales et commerciales en préservant notre intégrité éthique.

Comme toujours, c'est un équilibre fragile à trouver, entre la réalité du terrain, nos idées, notre éthique et notre ressenti d’être humain.